Venise à Noël
Depuis des mois, mon âme erre dans des méandres d'une rare violence.
Il survit dans l'atmosphère grise des nuages, au milieu des éclairs de colère et de rage de ne pouvoir partager cet amour. Il agonise de souffrance car incapable de pouvoir guérir seul sans cet être cher. Mon coeur bat au son de ses mots doux échangés sur le nuage de notre Amour. Je ne peux me séparer du fluide qui circule dans mes veines et qui m'apporte cette sève de vie. Tout mon être lui réclame, lui supplie d'ouvrir ce coeur pour enfin lâcher ce torrent de véritables émotions. La vie reprendrai son chemin vrai celui d'un Amour partagé sans concession, en toute simplicité, juste Aimer. Mais de cela rien ne pourra arriver. Je dois réagir et ne pas laisser cimenter la nostalgie en moi au risque de ne plus vivre mais juste survivre. Il est 6 h du matin. Il tombe une fine pluie glacée. Mon désir de partir en solitude est beaucoup plus fort que cette satanée pluie. Le bagage est léger, et le coeur est gros. J'ai décidé depuis quelques temps de passer Noël à Venise. Jusqu'au dernier instant avant mon départ, j'avais le secret espoir de pouvoir passer ces quelques heures avec mon seul et véritable Amour. Pas une seule de mes tentatives n'aura pu atteindre son coeur, son attention ou tenter une guérison. Malgré cela, je décide qu'elle sera présente en moi tout au long de cette quête. Je ne peux me résoudre à dissocier sa vie de ma vie. En route les paysages, par la froideur du petit matin hivernal, et la musique, par les notes de piano glissant comme un petit cours d'eau, m'envahissent de leur puissance. Les kilomètres s'enchaînent et mes battements de coeur
s'accélèrent jusqu'à atteindre mes yeux quand je découvre au loin dans le brouillard la Venise romantique. Le sac sur mon dos, les yeux grands ouverts je prends ce vaporetto qui me déposera tout juste à coté du Rialto.Un peu perdu je recherche mon chemin pour rejoindre mon hôtel. Quelques allées plus loin, je me retrouve au comptoir de la réception d'un petit hôtel au charme vénitien discret. Je monte dans ma petite chambre pour déposer rapidement le superflu et rejoindre le labyrinthe de la ville magique. Je décide de m'aider d'une carte pour rejoindre quelques lieux bien connus, mais très vite pris par l'agitation et l'excitation des gens qui parcourent toutes ces petites ruelles, je décide de mettre de coté la carte. Je me laisse emporter par la découverte en enchaînant les ponts les voies sans issues les petites ruelles vides de personne. Le décor est encore plus magnifique grace aux petits éclairages déposés ici et là. Les reflets dans les canaux ont un effet féerique. Je capte ces images en mémoire pour en construire l'écrin de mon Amour. Sur la place San Marco un couple s'enlace chaudement profitant ainsi de l'instant de bonheur total seuls au milieu de cette place sublimée par ses luminaires. En face du pont des soupirs les photographes s'agglutinent espérant immortaliser cet édifice, haut lieu des séparations de couples à une époque.
Pas si lointaine. Dans les restaurants les couples, jeunes et seniors, partagent le dîner du réveillon en se promettant l'Amour éternel. Les regards croisés et les doigts entremêlés, les échanges de mots sont doux et romantiques. Une vive émotion m'envahit, je dois quitter rapidement ces lieux pour me retrouver dans les petites rues. Seul dans la nuit, je débute une course folle après mon Amour fantôme qui quitte mon corps. Je le sens s'arracher de mes entrailles. Je pleure de douleur. Je dois me résigner à cette séparation. Il doit me quitter, je dois le laisser vivre ailleurs sans moi. Il m'est impossible de le rattraper tout est fini. Il vient de me quitter. Dans cette nuit froide, les larmes chaudes m'accompagnent jusque dans mon lit. Au petit matin je tente une expédition pour le retrouver. Toutes les ruelles sont vides et silencieuses.
Plus un couple d'amoureux sur la place San Marco, ni gondole naviguant entre les palais royaux. A la lueur du jour, résigné je reprends le vaporetto, par le grand Canal, et je dois dire adieu à cet AmourJuste pour toi CC.
5 commentaires:
madgyMon Dieu que c'est beau, mais quelle douleur...
Moi qui n'arrive plus à pleurer depuis des mois, je pleure à chaudes larmes tes souffrances et ton désroi devant ce rendez-vous manqué.
Je te souhaite de tout coeur que tu trouves la sérénité dans les jours à venir, que cet amour que tu dis impossible ne te tourmante plus.
Tu mérites beaucoup mieux que cette vie en solitaire, tu as tellement à donner et à partager.
Je' t'embasse bien fort, tu sais que tu es le bienvenu quand tu veux.
Cathy.
De tout temps l'amour à inspiré l'homme et déployé des passions. L'amour nous inspire tellement que je pense que c'est le seul mot que l'on s'est parler en toutes les langues et lorsque l'on aime sincèrement malgré toutes les difficultés il ne s'efface jamais réellement.
Parfois il ne dure qu'un temps mais grâce à lui on se sent vivant, souvent on le considère même comme son plus proche confident. L'amour peut rendre meilleur ou inversement....ainsi chercher son propre bonheur c'est la condition de la relation.
On ne peut véritablement aimer sans avoir un certain don de notre liberté à l'autre. Bien sûr cela n'est pas plus facile pour autant....
HA !!! l'amour on te sollicite en permanence et quand tu nous prends tu nous soumets à des épreuves pas toujours évidentes "corps, coeur, espri" ainsi que ce bien très précieux qu'est notre vie....
Malheureusement il n'y a pas de logique de l'amour sinon il serait facile à modeler, l'amour ne se provoque pas c'est lui qui nous provoque. Lui tourner le dos c'est passé à côté de quelque chose d'extraordinaire.
Tu as su apprécier des moments sublimes même si je sais qu'ils te font encore souffrir mais tu vas avancer et mieux vivre car ainsi va la vie...
Je t'embrasse de tout mon cœur.
Ta sœur.
Je ne connais pas l'histoire, mais je lis ce texte avec beaucoup de fluidité, et avec le sentiment de suivre l'errance d'un homme qui vient de perdre l'essentiel. Venise est de plus un lieu qui se prête particulièrement à la douleur, pas sûre que je l'aurais choisi délibérément en de telles circonstances...
Mais j'y vois aussi un signe, celui de la renonciation, du deuil de cet Amour. Et quoiqu'on en pense, c'est bon signe... Ensuite viendra l'acceptation, puis la Renaissance avec la reconstruction. La reconstruction il faut aller la chercher ailleurs, dans les petits plaisirs de la vie quotidienne (on peut en trouver !), dans d'autres projets, d'autres voyages en solitaire ou en compagnie, la Nouvelle-Zélande bientôt...
Ecrire (et montrer) est une excellente "auto"-thérapie. Un bon début. Et je vois là l'ébauche d'aptitudes à travailler, à modeler. L'instinct fera le reste.
Courage...
Séche tes larmes et panse tes blessures mon Ange. Venise aussi belle soit-elle n'était pas la fin de notre histoire mais bien sa (re)naissance... certes dans la douleur mais pour l'en apprécier que plus.
Tu es mon Amour, mon Amant, mon Ami, mon Ange gardien et je ne veux etre que la femme de ta vie... à tout jamais.
Je t'aime.
Ta Chouchoue
Enregistrer un commentaire